Le Moniteur

lls ont fait se lever les foules dans les stades, au bord des pistes, dans les gymnases… Après un dernier match, un sprint final, un ultime combat, ils ont troqué le survêtement pour le casque de chantier… D’autres font encore la une des gazettes sportives mais ont déjà construit dans le BTP leur vie d’après. Tout l’été, la rédaction du « Moniteur » vous propose de découvrir ces personnages hors du commun. Athlète olympique, footballeur professionnel, boxeur, rugbyman ou hockeyeur… ils incarnent à présent les valeurs d’un BTP moderne, sympa et conquérant. Aujourd’hui : Stéphane Diagana, champion du monde du 400 mètres haie, et sa femme Odile Lesage Diagana, elle aussi ex-athlète de haut niveau. Reconvertis en promoteurs immobiliers, ils veulent créer, à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), un campus sportif innovant.

« Le 400 mètres haies m’a appris à sauter les obstacles. La pratique plus récente du marathon m’a fait découvrir l’endurance… Et de l’endurance, il m’en faut pour concrétiser notre projet de Campus Sport Santé ! » Douze ans après l’arrêt de sa carrière sportive internationale, Stéphane Diagana, ancien champion du monde du 400 mètres haies à Athènes en 1997 et toujours détenteur du record d’Europe (47 secondes 37), tente, contre vents et marées, de donner corps à un projet immobilier de grande ampleur qu’il a imaginé avec son épouse Odile Lesage Diagana, elle-même championne d’heptathlon et pentathlon. « Lorsque nous parcourions le monde pour des stages et des compétitions, nous nous sommes rendu compte qu’il n’existait aucune infrastructure pour accueillir des sportifs, amateurs ou professionnels, en préparation avant des épreuves, mais aussi des personnes désireuses de suivre des programmes préventifs ou thérapeutiques, basés sur une pratique sportive adaptée et contrôlée », détaille Stéphane Diagana.

Choix de la Côte d’Azur

Ainsi est né, en 2008, le projet de « Campus Diagana Sport Santé », que le couple veut implanter sur la Côte d’Azur. Installés à Vence (Alpes-Maritimes), ils vont se lancer à fond dans l’aventure. Forts de leur réseau, ils s’entourent d’une équipe pluridisciplinaire. L’architecte Dan Costa-Foru, basé à Sophia Antipolis, lui-même ancien sportif, est de ceux-là. Il les aide à bâtir le projet d’aménagement et mène le travail de conception. En parallèle, les deux champions rallient des acteurs du monde médical et des idées de recherche sport-santé voient le jour. En 2012, le projet doit sortir de terre à Vallauris, mais il va s’enliser. Il en faut plus pour décourager les Diagana. Retravaillé avec l’agence Chabanne & Partenaires, le plan réunit désormais des équipements sportifs de haut niveau, un hôtel trois étoiles, deux restaurants, des salles de réunion, un auditorium, un spa, un plateau technique d’évaluation, etc. Soit un complexe totalisant 7 600 m2, extensible, pour un investissement de 25 millions d’euros.

Avis défavorable

Un terrain de 4 hectares est ciblé à Mougins, au Font de l’Orme. Le programme, associé à de l’habitat et à un parc communal, reçoit le soutien du maire de Mougins, Richard Galy, par ailleurs médecin. Mais encore faut-il décrocher les autorisations : le campus doit se glisser dans une zone « Naturelle sportive » (Ns) du plan local d’urbanisme (PLU). L’enquête publique a lieu en mars 2016 et se solde par un nouveau coup d’arrêt : le commissaire a rendu un avis défavorable sur l’intérêt général du projet, assorti de réserves concernant les accès. Le dossier devrait être présenté à nouveau en fin d’année. « Nous n’abandonnons pas, mais nous prenons dix mois de retard. Des investisseurs nous sollicitent pour le dupliquer ailleurs, mais nous tenons à créer ce premier campus en France. Après, s’il ne peut voir le jour ici, nous regarderons à l’étranger… », assure Stéphane Diagana.

 

Rémy Mario – LE MONITEUR HEBDO –